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Hélène KORWIN

Tombée dans l'écriture dès le CM2... il y a une bonne trentaine d'années..., un recueil  de poèmes publié en 1989, des manuscrits entassés dans une grande malle métallique, stockés dans des clés USB, tout ça dans le piémont Pyrénéen. Depuis 2006, cinq romans, quatre couvertures peintes (par moi-même), une nouvelle, un recueil de poèmes, un conte béarnais, des lecteurs et des lecteurs ... beaucoup de patience, de persévérance aussi. Un site internet, et ce n'est pas fini !

L'année 2013, un éditeur : EDILIVRE

Ce que j'écris : des romans d'aventure fantastique (royaumes imaginaires, mélange de médiéval, d'héroic fantasy, de science fiction, d'anticipation, de poésie). Mieux que la télé ou la play, dès les premières pages, le lecteur part à l'aventure, voyage, frémit, rit, suit les héros, rêve. 

Ce que je lis  : Robert Silverberg (Le château de Lord Valentin, les chroniques de Majipoor, le Mur), Clifford Simak (le pélerinage enchanté, la planète shakespeare), Roger Zelazny avec ses Princes d'Ambre, Arthur C. CLARKE (rendez-vous avec Rama), Gérard KLEIN (le sceptre du hasard), René Barjavel), J.B Evette (Jordan Fantôsme). , l'ile de Robert Merle ... Je l'avoue, aussi, je ne peux pas résister à l'appel d'un Guillaume Musso dès que j'en entends parler à la radio.

En ce moment je lis en version originale REBECCA de Daphné Dumaurier.

Mes films préférés : Duel de Ridley Scott, tous les Stewart Granger (Scaramouche, les contrebandiers de Moonfleet,...) et surtout, la perle du cinéma, Le Prisonnier de Zenda, toujours avec le fabuleux Stewart Granger et le tout en VO, c'est mieux ; les bons vieux films de cape et d'épée, les épopées médiévales (Les Vikings, Prince Valiant, ...), la liste n'est pas exhaustive

Mes lecteurs :  de 14 à 114 ans

Pourquoi j'écris ? Imaginez, qu'enfant, votre père vous raconte, les souvenirs de son enfance, de ses dix merveilleuses premières années.  Dix, parce qu'en septembre 1939, alors qu'il était à la clinique de Gdynia pour l'ablation d'un polype, et qu'il avait  dix ans, il vit par la fenêtre de sa chambre, les avions allemands qui venaient bombarder la ville et la côte balte. Le merveilleux allait être pulvérisé par le pacte germano-soviétique. Les récits de ses dix premières années étaient pour moi d'extraordinaires  instants où mon imagination, traversant les frontières, se retrouvait en Lituanie, à cette époque, encore polonaise. C'était la maison de la grand-mère maternelle au bord d'un lac en forme de coeur (le lac Narosc, actuellement en Biélorussie) ; l'orchestre qui s'installait sur l'estrade de bois qui surplombait l'eau, pour y jouer de la musique ;  la galerie où étaient accrochés les portraits de famille : mon père s'amusait à la traverser la nuit, seulement éclairé par la lune...  Il y avait aussi les soldats de plomb avec lesquels il jouait, costumé en militaire pour l'occasion, le cigare qu'il chipait à son père pour, avec la fumée, imiter la brume, sa soeur (plus petite ou plus grande que lui, il ne sait plus), qui se hasardait à entrer dans la pièce où il jouait. Il l'en chassait alors avec les mini boulets de ses mini canons. Il nous parlait de l'hiver, de la neige, des promenades en traîneau ; de "crapaud", la perceptrice française, qu'il avait ainsi surnommé à cause de son drôle de chapeau et de ses lunettes ; des promenades sur le lac en bateau, de ses parents qui partaient en vacance à Biarritz, sa soeur et lui restant chez la grand-mère ; de la drôle de charrette, faite d'une poutre, fixée sur quatre grandes roues, sur laquelle il s'asseyait à califourchon ; des vins de Bordeaux que son père faisait venir de France ; de sa mère qui nous disait-il, ressemblait à la chanteuse brune du groupe Abba. Il y avait aussi, le blason familial avec son corbeau tenant un anneau dans son bec, et la "mythologie folklorique familiale", remontant à Valérius Messala Corvinus, contemporain d'Auguste, en passant par Mathias Corwin, roi de Hongrie. Parmi ces récits, il y en eut, d'autres, terribles, de ceux que l'on raconte à ses filles devenues adultes : l'armée russe pénétrant dans les rue de Vilno ; cet impressionnant soldat portant une redingote de cuir, un casque à l'étoile rouge ;  de ces hommes, femmes et enfants que l'on faisait monter dans les wagons d'un train pour la lointaine Sibérie. Mon père était parti chercher du lait et du haut de la colline qui dominait la gare de Vilno, il avait assisté à la scène. Sa mère et sa soeur faisaient partie du convoi. Son père, qui faisait partie de la marine marchande,  avait péri en mai 1940, quelque part dans les eaux de la Baltique.

Ces souvenirs vinrent peupler le grand vide que représentait pour moi tout ce pan familial paternel qui était à jamais perdu : pas de parents, de cousins, pas de photos,  pas de visages, pas d'objets. Mais,aussi, quand même, la cuisine polonaise avec le fromage fait maison en forme de cône, les croquettes de viande, les beignets, les kougeloffs et pour Noël, ce merveilleux sapin qui chaque année et depuis plus de quarante ans, est décoré à l'identique, comme dans ses souvenirs d'enfant, les disques 33 tours des chants folkloriques. Combien de fois, en rêve, je me suis promenée dans cette maison au bord du lac, parcourant d'immenses pièces aux boiseries blanches, aux meubles couverts de poussière, sans jamais y rencontrer personne. Une fois  je trouvai des gants, des robes, une fois, des photos. Reconstituer un passé, restait difficile : la lituanie avait été "absorbée" par l'URSS, la maison au bord du lac se retrouvait en Biélorussie, encore de l'inaccessible. Et toutes les recherches que nous avons faites mes soeurs et moi  depuis la chute du mur de Berlin et qui n'ont jamais rien donné... 

Restait pour moi, ce besoin d'écrire, d'imaginer et de reconstruire : un roman, dans des royaumes imaginaires, reste structuré, travaillé, contrôlé (c'est important d'avoir le contrôle de quelque chose, quelque part !), et tout au long des intrigues, il y aura bien sûr de l'action, du suspense, des émotions, mais aussi des malheurs, des bonheurs, des retrouvailles et du merveilleux.